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On l’a dit, on l’a écrit, la Citroën DS3 est une voiture féminine si l’on en juge par l’engouement qu’elle suscite chez les conductrices qui veulent rouler différent.
Avec sa version Racing, Citroën cible cette fois une clientèle plus masculine, soucieuse de faire rouler ses gros muscles mécaniques. C’était le pari de départ, il est pleinement réussi. La marque aux chevrons a concocté un petit bolide totalement jouissif, qui renoue avec le bonheur des anciennes 205 GTI, des chevaux de feu en plus sous le capot et un niveau d’équipement digne de la référence automobile de l’actuel millésime.
Quand la 205 GTI proposait seulement 130 équidés avec son bloc 1,9 litre, la DS3 racing en aligne plus de 200 (202 exactement) grâce à une petite merveille technologique. Un moteur essence 1,6 litre turbocompressé emprunté à la Peugeot 207 RC (et non à la RCZ du Lion) et retravaillé (cartographie, échappement, turbo…). Les chiffres parlent d’eux mêmes : 275 nm de couple à 2000 tr/min, le 0 à 100 km/h en 6,5 secondes, le 1000 m départ-arrêté en 26,5 secondes.
Une petite bombe très politiquement incorrecte et dont l’utilisation va très vite devenir très risquée une fois les panneaux d’annonces de radar retirés.
Mais une bombe dans laquelle on se sent néanmoins en sécurité grâce à un freinage remarquable (à la fois dosable et endurant) et à un châssis taillé sur mesure (les voies avant et arrière ont été élargies de 30 mm par rapport à une DS3 classique et l’assiette abaissée de 15 mm). Une tenue de route encore renforcée par le choix de la monte 18 pouces.
Côté confort évidemment cela se paye et la Racing est plutôt brutale. Toutefois la précision métronomique de la direction et l’absence de roulis compensent sans peine le léger effet de couple ressenti à pleine accélération.
Seul petit bémol : une boîte un peu trop imprécise.
Au final cette voiture est faite d’abord pour le plaisir du pilotage et fort de six titres de champion du monde des rallyes, Citroën sait de quoi il parle….
Pour autant la DS3 Racing reste civilisée. Trop même peut être au goût de certains. Le bruit rauque de l’échappement qui raisonne au démarrage disparaît en effet en roulant (ici pas d’amplification sonore à l’accélération comme dans le RCZ) et il faut toujours garder un œil avisé sur le compteur pour être certain de ne pas pénétrer dans des zones indues sur circuit urbain.
Si la suspension est rude, les sièges sport offrent un maintien excellent.
L’équipement est identique à celui de la DS3 avec les mêmes petites imperfections technologiques (bluetooth artisanal, pas d’écran tactile pour le GPS).
La robe elle – DS3 oblige – ne respire pas la sobriété. Disponible en deux coloris (noir obsidien avec pavillon orange ou blanc banquise avec pavillon gris) la DS3 est tout sauf discrète.
Neutre du point de vue de la fiscalité écologique avec seulement 149 gr de rejets de Co2 au km (contre 159 g/km pour le RCZ 1.6 THP 200ch, 165 g/km pour la Mini John Cooper Works 211 ch ou 195 g/km pour la Renault Clio RS 203 ch, ses trois principales rivales), la DS3 pèche en revanche côté tarifs avec un prix de vente affiché à 29 990 euros, soit 4 000 euros de plus que la Clio finition luxe. Mais quand on aime, c’est bien connu on ne compte pas. Et à ce petit jeu là mieux vaut se dépêcher car la Racing est une série limitée à seulement 1000 exemplaires.
CITROEN DS3 RACING
Tarifs : à partir de 29 990 euros
Note globale : 15/20

- Agrément de conduite : 18/20 (moteur, puissance, couple, commandes de boîte, ergonomie, direction, maniabilité…
- Sécurité : 20/20 (freinage, tenue de route)
- Équipements de sécurité : 19/20 (ABS, esp, etc… airbags, phares, régulateur/limiteur de vitessse…
- Confort : 16/20 (sièges, suspension…
- Equipements de confort : 11/20 (GPS, bluetooth, radar de stationnement, caméra de recul)
- Volume : 10/20 (espace habitacle, volume de chargement du coffre)
- Esthétique : 12/20
- Budget : 14/20 consommation, bonus-malus, prix d’achat, options…

 

Mais comment peut-il plaire aux femmes ? Tous les hommes se sont au moins une fois dans leur vie poser cette question en découvrant une superbe créature accrochée au bras d’un macho bon teint. Que dire lorsque la belle est manifestement sous le charme d’une partenaire du même sexe, tendance camionneur. En l’occurrence la séductrice a plutôt des allures de petite frappe de banlieue. Du noir, du chrome, du tape à l’œil….Total bling bling façon rappeur. Annoncée avec force dépenses marketing, la Citroën DS 3 a fait sP10008001.gifon entrée sur nos routes il y a quelques semaines.

Et contrairement à mes plus sombres prévisions ça marche – disons plutôt ça roule – à en juger par le nombre de véhicules croisés dans les beaux quartiers de la capitale et de la proche banlieue. Avec très souvent, au volant, effectivement,  une conductrice. De ce point de vue la marque aux chevrons semble en passe de réussir son pari : détrôner l’indéboulonable  Mini dans l’inconscient féminin. Evidemment la DS3 a pour cela quelques atouts majeurs à faire valoir : tenue de route majestueuse (grâce à un fantastique train avant), mécanique agressive en version THP 150 (sous le capot un quatre cylindres 1,6 litre turbo développant  156 chevaux), et look tapageur. Sans oublier quatre vraies places pour conduire les enfants à l’école le matin et un vrai coffre (pour les courses ou les week-end en amoureux). Le confort lui est un peu rude en dépit de magnifiques sièges qui garantissent un parfait maintien. Quant à l’esthétique intérieure le bilan est en demi teinte.

 

 

P09074006.gifComme sur la Fiat 500 le tableau de bord se pare d’un placage laqué tape à l’œil et de plastiques médiocres. Le reste (volant, compteurs, console centrale)  sacrifie à la mode du noir-qui-fait-chic et qui donne le bourdon. A noter le TRES mauvais système GPS-téléphone bluetooth-audio CD que l’on retrouve malheureusement sur la plupart des véhicules du groupe PSA, et qui, en outre sur ce modèle, n’affiche même pas pas les radars fixes. Un comble pour une petite urbaine à vocation sportive !
Reste le prix, 20 000 euros tout ronds (sans malus) qui achèvera sans doute de convaincre les hésitantes.

A propos du blog

Le blog auto de Philippe Flamand, rédacteur en chef du magazine L'Entreprise.

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