PEUGEOT 508 Un pari ambitieux

Philippe Flamand, publié le

Le Lion veut en imposer c’est clair ! Sa 508 doit logiquement remplacer à la fois la 407 (qui n’est plus disponible désormais qu’en coupé) et la 607 disparue du catalogue. Avec en point de mire une clientèle jusqu’à présent tournée vers les modèles d’Outre-Rhin.
Pour réussir ce pari le constructeur a mis les petits plats dans les grands et soigné à la fois la finition, le design et l’habitabilité de son nouvel outil de conquête. Le résultat est assez convaincant.
Plus longue de dix centimètres que la 407 (mais aussi que la Renault Laguna et l’Audi A4) avec 4,79 mètres, elle rejoint la moyenne des cotes de ses concurrentes (Citroën C5, VW Passat, Ford Mondeo). Seules les BMW série3, Mercedes Classe C et Volvo S60 proposent encore des gabarits réellement inférieurs (respectivement 4,53 m, 4,58 m et 4,62 m).
Code génétique oblige le talent mécanique de cette nouvelle sochalienne (fabriquée à Rennes) n’a rien à envier à ses aînées.
Coté motorisation, les deux blocs diesel essayés ce printemps remplissent parfaitement leur mission. Le deux litres HD1 140 ch avec boîte manuelle est suffisant pour emporter les 1 400 kilos de la belle en toute tranquillité et faire de longs trajets en respectant les limitations de vitesses, sans renoncer pour autant à doubler les retardataires (320 nm de couple à 2000 tours/minute).
Le moteur 2,2 litres HDI de 204 ch couplé à l’excellente boîte automatique 6 rapports affirme, lui, son esprit rageur (nervosité au démarrage et reprises toniques) grâce à un couple élevé (450 nm à 2000 tr/min) mais au détriment de la sobriété, surtout en ville.
À noter toutefois que ces deux motorisations parviennent à rester en deçà du seuil fatidique des 151 grammes de rejets de Co2 au kilomètre (avec respectivement 125 et 150 gr/km) et donc à éviter les malus.
Une version eHDI de 112 ch est par ailleurs disponible au catalogue (que nous essaierons prochainement) dotée du remarquable système stop and start du groupe PSA qui permet de faire chuter les rejets de CO2 à 115 gr par km (5 gr de trop pour bénéficier du bonus de 400 euros !). La version hybride de la 508 étant par ailleurs annoncée pour le premier semestre 2012.
Côté tenue de route, la 508 exprime également tout le savoir-faire du constructeur sur la mise au point de châssis performants, la version sportive GT (haut de gamme) disponible uniquement avec le moteur 2,2 l HDI 204 ch bénéficiant en outre du train avant à double triangle à pivot découplé qui apporte précision dans le placement et sécurité. Un train avant qui équipait toutes les versions de la 407 mais qui a été abandonné pour cause de poids et d’économies.
Facile à manier sur route comme en ville, la 508 dispose d’une bonne visibilité avant (bien meilleure que celle de sa devancière) mais d’une visibilité latérale médiocre du fait de la largeur des montants de pare-brise et des montants de portières. Sur longs parcours la position de conduite et la relative fermeté de la suspension nuisent au confort et engendrent au final de la fatigue.
Dans l’habitacle, Peugeot confirme avec cette nouvelle venue sur les routes hexagonales tous les progrès réalisés depuis quelques années en matière de finition, de confort et d’équipement, avec toutefois quelques maladresses.
Enfin convaincu de l’utilité du système de démarrage mains libres, il propose pour la première fois un unique bouton « start ». Mais celui-ci est étrangement placé à gauche du volant à méplat (hérité de la RCZ) par ailleurs encombré de trop de commandes.
L’affichage tête haute initié avec les 3008/5008 est également du voyage. Mais sa position juste au-dessus des compteurs sur une lame escamotable est moins performant qu’un affichage sur le pare-brise directement dans le champ de vision du conducteur à la façon de ce que fait Saab, BMW…ou Citroën sur la C6.
La boîte à gant centrale est coulissante et dotée de prises USB pour smartphones. Mais son ouverture n’est accessible qu’au conducteur et les prises difficiles d’accès. En outre la 508 manque de vide poche et d’espaces de rangement (impossible de poser son smartphone sur la console centrale par exemple)
Les commandes du systèmes GPS-radio ont migré sur la console centrale avec un bouton unique adopté depuis longtemps par BMW, Mercedes mais aussi Renault. Mais la programmation du GPS dépourvu d’un écran tactile demeure laborieuse.
Enfin si les sièges et la planche de bord sont d’une réelle élégance, le bloc compteurs est en revanche banal et pour tout dire un peu triste.
La ligne, elle, est plutôt réussie avec un joli capot nervuré et un ensemble calandre-phares expressif. Vue de trois quart la 508 berline ou break (SW) affirme une parenté revendiquée avec ses modèles allemands, même si de profil de la berline souffre d’un décrochage esthétiquement disgracieux entre le coffre et la lunette arrière, tandis que le dessin de la poupe est un peu massif.
Proposée à des tarifs en ligne avec ceux de la concurrence (de 23 950 euros pour l’entrée de gamme avec le petit 1,6 litre essence en finition Access à 39 200 euros pour la GT avec le moteur HDI 204 ch) la 508 devrait logiquement trouver son public en France mais aussi chez nos voisins.
Seul regret : cette routière familiale qui ambitionne le haut du panier de sa catégorie fait figure de parent pauvre en termes d’équipements technologiques. Pas de surveillance d’angle mort dans le rétroviseur, pas de radar anti-collision (disponibles chez Volvo et Ford), pas de régulateur de vitesse adaptatif ni de contrôle de vigilance du conducteur. Evidemment pas de reconnaissance automatique des panneaux de signalisation routière (disponibles chez Opel et chez Ford) ni d’avertisseur de franchissement de ligne, encore moins de caméra de recul dans le break ou de système de parking automatique. Et si pour l’heure son GPS propose encore l’indication des radars fixes, cela risque de ne pas durer, nouvelle réglementation oblige !
PEUGEOT 508 Allure 2,0L HDI 140 CH FAP BVM6
et PEUGEOT 508 SW GT 2,2L HDI 204 CH BVA6
Tarifs : à partir de 29 300 euros (HDI 140) et 39 200 euros (HDI 204)
Note globale : 17/20

– Agrément de conduite : 18/20 (moteur, puissance, couple, commandes de boîte, ergonomie, direction, maniabilité…
– Sécurité : 20/20 (freinage, tenue de route)
– Équipements de sécurité : 19/20 (ABS, esp, etc… airbags, phares, régulateur/limiteur de vitessse…) 20/20 (HDI 204)
– Confort : 12/20 (sièges, suspension…
– Equipements de confort : 15/20 (GPS, bluetooth, radar de stationnement, caméra de recul)
– Volume : 20/20 (espace habitacle, volume de chargement du coffre)
– Esthétique : 16/20
– Budget : 16/20 (consommation, bonus-malus, prix d’achat, options…) – 15/20 (HDI 204)

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