Petites luxueuses : pas facile pour les françaises

arnaud, publié le , mis à jour à

Le succès de la Mini, icone des années 2000 aussi bien pour les managers citadins que pour les fashionistas, a donné des idées aux constructeurs français. Renault, avec sa Modus Initiale, et Peugeot avec sa 1007, essaient d’imposer leur propre vision de la petite luxueuse. Commercialement, elles sont à la peine. Qu’en est-il sur le plan des prestations ? J’ai voulu le savoir. Résultat des courses.

Non, L’Entreprise n’aime pas que les grosses berlines ! L’irruption de la Mini parmi les voitures à la mode, et même statutaires, a fait bouger les repères. Mais la nouvelle star du groupe BMW est si bien installée sur le marché qu’elle complique la tâche de la concurrence. Les marques françaises, par exemple, ont renoncé à aller se frotter à si forte partie. Plutôt qu’une citadine au parfum sportif, elles misent sur l’une de leurs cartes maîtresses, l’art du monospace, en version mini, cossue et décalée. Cela s’appelle une Modus Initiale chez Renault (www.www.renault.fr/RenaultSITe/puma/FR/PROD_FR/MEL_PROD/fr/Modus_Initiale/p1.jsp?BV_SessionID=@@@@1617515272.1136189294@@@@&BV_EngineID=ccceaddgjeklfhhcfngcfkmdfkjdfmk.0&parentCar=Modus) , et une 1007 chez Peugeot (www.www.peugeot.fr:80/ppp/cgi-bin/pppfcwebfr/ppplp1101_02.jsp?_strLCDV=1pa0ah&BV_SessionID=@@@@1347149871.1136189922@@@@&BV_EngineID=ccchaddghhjeemlcefecfgmdfgodffj.0&_strModeHTML=1).

Deux voitures en forme de pari. Pas gagné si l’on en croit les premiers chiffres de vente. Et techniquement ? Après quelques journées au volant de chacune de ces demoiselles, le bilan est contrasté. La Renault me laisse franchement dubitatif. La Peugeot, elle, constitue une offre vraiment singulière. Pas parfaite, mais si surprenante qu’on y prend plaisir. Vous voulez des détails ? En voila.

Renault Modus Initiale 1.6 16 V BVA Proactive : à partir de 19 950 euros
Du cuir blond dans une micro-familale… C’est ce qui frappe au premier abord, lorsque l’on s’installe dans la Modus. Cette touche de haut de gamme ne suffit pas, hélas, à faire oublier la finition par ailleurs très standard de l’habitacle, en tout cas pour ce qui est des matériaux, l’aménagement, lui, étant habilement conçu, mais sans révolution. L’absence de surprise est un peu le drame de cette voiture. Une fadeur générale qui n’est pas sans évoquer celle d’une Laguna ou d’une Citroên C5. On est loin du « Bon sang mais c’est bien sûr », qui vient encore aujourd’hui à l’esprit quand on monte dans une Scenic ou un Espace, ou même une Twingo, tant leur conception reste impressionnante. Et ne parlons pas du frisson qui vous saisit en vous glissant à bord d’une Mini. Ce qui résume tout cela, c’est le groupe motopropulseur. Plutôt creux à bas régime, en tout cas mal harmonisé avec l’étagement de la boîte de vitesse proactive, et manquant autant de discrétion que de tempérament, il ne propose pas la conduite coulée que l’on serait en droit d’attendre de cette super-Modus. Pour tout dire : une Twingo Initale, avec son petit moteur 1.2 associé à une boîte Quickshift, est aujourd’hui encore une proposition plus séduisante pour celui qui veut rouler futé et néanmoins chic en ville. Et elle ne coûte qu’un peu plus de 15 000 euros…

Bilan : 10/20
• Agrément de conduite : **
• Sécurité : ****
• Equipement/confort : ****
• Budget : **

Peugeot 1007 1,6e 16 V 2-Tronic : à partir de 17 850 euros
Comme certains d’entre vous peut-être, en découvrant la 1007 je l’ai d’abord regardée comme un OVNI sur roues. Je me demande même si, en mon for intérieur, je n’ai pas lancé un « Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?.. ». En y regardant de plus près, et surtout après l’avoir conduite, ce « truc est peut-être le seul engin qui aujourd’hui me donnerait envie de reprendre une voiture pour mes trajets quotidiens en région parisienne. Et mes enfants, que j’ai honteusement associés à une partie de cet essai, seraient plutôt d’accord avec moi.
Raison de cet engouement ? Cette voiture est bourrée d’astuces. « Trop drôle ! », dirait mon fils (7 ans). Cela commence par sa ligne carrée, du genre je suis un monocorps et j’assume, le charme, c’est à l’intérieur que ça se passe ». Au passage, chapeau aux ingénieurs pour avoir conçu une caisse aussi compacte, et sans montant central, qui obtienne 5 étoiles aux crash-tests euroNCAP.
Détail qui tue de ce joujou extra : les portières coulissantes électriques baptisées Sésame. Je prernais cela pour un gadget. Pouvoir me garer au plus serré dans un parking souterrain sans plus avoir à me demander si je pourrais sortir m’a convaincu que c’était bien plus que cela. Reste une incertitude : la fiabilité (« Quid par grand froid ? », demanderont ceux qui ont connu des mésaventures avec leur 807…) Attention aussi aux fausses manœuvres : ma fille a failli se faire coincer par la portière droite quand elle a involontairement tiré sur la poignée pour s’aider à monter à bord (elle a 4 ans). Une fois assis, confortablement, on savoure un habitacle lumineux, (surtout avec le toit ouvrant électrique panoramique à 700 euros) et spacieux. Même à quatre, mais le coffre devient alors symbolique…
Le plus étonnant est toutefois la conduite : me souvenant des désagréments de la Smart et de mes cours de physique sur le centre de gravité, je m’attendais à un comportement aléatoire dans les virages. Que nenni. Le génie des équipes Peugeot pour la conception des trains roulant et les aides électroniques à la conduite sont passés par là. Le moteur est plus velouté que son homologue Renault. Et la boîte 2-Tronic est une heureuse surprise. Utilisée en tout automatique, elle permet de se glisser en souplesse dans la circulation, sans les chutes de régime, à la limite du hoquet, à chaque passage de rapport que nous ingligeaient les premières Citroën C3. Et si on décide de passer les rapports, grâce soit au levier de vitesse, soit aux palettes derrière le volant, on découvre une nervosité de bon aloi, qui permet de s’aventurer hors de la ville.
Cela étant, cette 1007 ne sera jamais une routière aussi agréable qu’une Mini. Or une Cooper 115 ch vaut à peine 500 euros de plus, sans les options. Choix cornélien ? Oui, c’est pour cela aussi qu’on aime l’automobile , non ?

Bilan : 14/20
• Agrément de conduite : ***
• Sécurité : ****
• Confort/équipement : ****
• Budget : ***

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2 commentaires

Avatar de Joël

Joël

Nous avons créer un Club Peugeot 1007 http://www.club1007.net venez nous rejoindre A+ Joël


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Avatar de pierre

pierre

Je me demande si vous avez vraiment conduit la Modus !! Lisez donc tous les compte-rendus des journalistes spécialisés (auto-journal,auto-plus etc) , tous ont une opinion contraire à votre point de vue : la Modus est extra


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Philippe Flamand

Philippe Flamand Le blog auto de Philippe Flamand, rédacteur en chef du magazine L'Entreprise.

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